Guide de navigation

Bien que chaque contribution qui compose ce numéro puisse être lue indépendamment des autres, nous vous invitons à prendre un moment pour lire ces quelques lignes afin de vous orienter dans ce plurivers.

Dans l’esprit de la pluriversalité, cette revue comprend une diversité de contributions dans plusieurs langues. Elle est littéralement plurilingue, avec des contributions en français, anglais, espagnol et créole (et certainement d’autres langues dans les prochains numéros). Toutefois, en raison de l'hégémonie globale de ­l'anglais, du français et de l'espagnol, ces langues à base latine – qui dominent aujourd'hui la taxonomie, la classification et commercialisation des matières biologiques – prendraient le dessus sur toutes les contributions à moins qu'un choix éditorial radical soit fait pour éviter cela. L’équilibre des langues changera de numéro en numéro, et nous espérons dans les prochains numéros augmenter le nombre de pages dans des langues moins globalement dominantes. Cependant, cela cause aussi un dilemme éditorial que nous continuerons à tenter de résoudre: comment permettre l’accès à un large lectorat tout en proposant un décentrement par rapport à l’usage des langues dominantes (i.e. décolonisation des langues), et leurs épistémologies ? On peut penser ici a ce que le célèbre écrivain Kenyan Ngũgĩ wa Thiong’o abordait dans son livre Decolonizing the Mind: The Politics of Language in African Literature ainsi que plusieurs autres dans tous les coins du plurivers. Par la nature plurilingue de notre revue, nous avons souhaité partager l’une des expériences les plus communes de la vie sur Terre, celle ­d’habi­­ter, respirer, écrire (comme l’a noté Édouard Glissant), manger, se déplacer et aimer en étant entouré d’une pluralité de langues. Nous avons pensé que masquer cette pluralité à l’intérieur d’une revue monolingue serait trompeur voire contradictoire dans notre tentative de prendre part à ces multiples mondes qui peuvent composer un monde commun.

L’une des manières par laquelle nous avons répondu à cette question fut de mettre à disposition des traductions de tous les textes de la revue dans le site internet qui l’accompagne : www.plurivers.online. Ces traductions sont particulièrement importantes pour les introductions éditoriales, que nous avons rédigées en français en raison de la nécessité d’élargir le débat sur les « écologies décoloniales » dans les nombreux « mondes francophones », mais dont nous souhaitons qu’elles soient lues par des lecteurices opérant dans d’autres langues afin qu’iels puissent apprécier le cadre de la revue de manière plus large, ainsi que l’orientation particulière de chaque numéro.