Je suis enseignante-chercheuse en sociologie de l’environnement, des risques et de la santé à l’Université de La Réunion. Je suis métisse, in batar sinwa kom i di dan ma lang. J’ai grandi dans les couches populaires et moyennes de cette société postcoloniale, plurilingue, raciale, profondément inégalitaire. Aujourd’hui, je mobilise une sociologie critique et décoloniale en vue de mieux comprendre cette société, dans son rapport à l’État, dans son rapport à ce que certain·e·s nomment la « Nature » ou l’environnement. Bien que doublement déraciné par l’esclavage et la colonisation, le peuple réunionnais n’est pas reconnu comme Autochtone, aussi je fais de la recherche sociologique dans cet entre-deux qui nie les inégalités raciales héritées de la colonisation et s’empêche de les réparer en ne produisant pas les connaissances adéquates. C’est la raison pour laquelle je participe activement à l’animation du réseau EJJE (réseau francophone de Justice Environnementale). C’est aussi pour cela que j’appartiens au collectif de la revue Plurivers. Pour apporter ma pierre dans la lutte contre cette profonde injustice épistémique qui touche tous les peuples de la Terre.