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author:
- Maya Mihindou
date: 2026-05-12
lang: fr
rights: "CC BY-NC-SA 4.0,
  https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/deed.fr"
source: "https://plurivers.net/revue-plurivers-1/memoires-sedimentees.html"
title: Mémoires sédimentées
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::: biography
Je suis née posée sur la ligne de l'équateur, au Gabon, en 1984, d'une
famille métisse sur plusieurs générations. J'y ai connu mes premières
années de vie, assez pour ne pas oublier les liens économiques et
histo­riques qui unissent deux de mes pays : la France et le Gabon. En
arrivant en France hexagonale, où nous n'étions pas censés rester mais
d'où nous ne sommes plus vraiment partis, j'ai bien vite réalisé
l'ignorance de mes pairs concernant les réalités du continent africain.
J'ai cherché dans ma scolarité de quoi muscler un regard sur le monde
fait de cultures multiples et conflictuelles, mais je me suis cognée de
nombreuses fois. Ainsi, par ennui et par amour de la bande dessinée,
j'ai commencé à dessiner, en autodidacte, et à fabriquer des journaux
avec des ami/es -- une activité que je n'ai plus arrêté. J'ai débuté des
études d'histoire et d'anthropologie, et dans un même élan, je me suis
mise à documenter les mouvements sociaux, en Île-de-France, derrière un
appareil photo. Cela m'a mis en contact avec les héritages politiques
français, ceux de la gauche révolutionnaire et des luttes féministes et
antiracistes, abordées par des auteurs et autrices structurants : Fanon,
Césaire puis, plus tard, d\'une tout autre perspective, Angela Davis.
J'ai appris, ainsi, à mieux appartenir à ce territoire de France, et à
devenir obsédée par le besoin d'agrandir son récit national et à
transmettre, par le dessin ou ­l'écriture, ce que nous étions beaucoup à
sentir comme une silenciation de ­l'Histoire coloniale.

En 2014, nous avons fondé avec quelques camarades la revue BALLAST. Je
m'y suis formée au reportage et à l'écriture journalistique, sans cesser
de dessiner.

À présent, je vis et travaille à Marseille et gravite dans le milieu de
l'édition. Je contribue, par écrit ou au crayon, à diverses revues
indépendantes (*Ballast, Mille Cosmos, Panthère Première, The
Funambulist*) en continuant de creuser la question des mémoires
diasporiques préca­risées, déracinées, fragiles et mouvantes. En
2021/2022, j'ai participé à l'exposition *Sarah Maldoror : cinéma
Tricontinental* et, l'année suivante, à la Biennale *Yango !* de
Kinshasa.
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![Illustration de Maya
Mihindou](https://plurivers.net/files/b352d5915e4e7a8f396985ff03b7363d.webp){.source
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