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author:
- Malcom Ferdinand
- Shela Sheikh
- Association A4
- Ana Sanches
- Tatiana Garavito
date: 2026-05-12
lang: fr
rights: "CC BY-NC-SA 4.0,
  https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/deed.fr"
source: "https://plurivers.net/revue-plurivers-1/decoloniser-les-luttes-climatiques.html"
subtitle: Une conversation avec l'Association A4, Ana Sanches et Tatiana
  Garavito
title: Décoloniser les luttes climatiques
---

::: traducteurices
Traduit de l'anglais et du portugais par l'équipe éditoriale Plurivers
:::

::: biography
Le présent texte est une version éditée d'une conversation collective
avec quatre activistes et chercheur·se·s originaires du Soudan,
­d'Espagne, du Brésil et de Colombie travaillant en France, au Brésil,
dans le nord de l'Irlande et en Colombie. L'entretien a été mené en août
2023 par Malcom Ferdinand et Shela Sheikh -- membres de l'équipe
éditoriale de *Plurivers* -- via zoom et par échanges de courriels, en
anglais, en français et en portugais. Il a été entièrement traduit en
français. Nous avons essayé de conserver le ton informel de la
discussion et avons ajouté des commentaires éditoriaux lorsque des
explications supplémentaires étaient jugées nécessaires.
:::

\_Malcom Ferdinand et Shela Sheikh (MF, SS) : Merci à toustes d'avoir
pris le temps de nous parler et de nous faire part de vos expériences et
de vos points de vue. Nous aimerions vous demander, tout d'abord, de
vous présenter et d'expliquer le travail que vous faites.

\_A4 (Habib) : Je suis l'un des cofondateurs de l'Association A4
\[Association d'Accueil en Agriculture et Artisanat\][^1]. Je suis
originaire du nord du Soudan. Je suis arrivé en France en 2014 en tant
qu'immigré demandeur d'asile. Je suis allé à la campagne, dans un lieu
appelé La ZAD de Notre-Dame-des-Landes \[près de Nantes, dans le
nord-ouest de la France ; ZAD signifie « zone à défendre »\], où des
militant·e·s luttaient contre un projet de construction d'un aéroport
dans une commune rurale. Ils avaient lancé un appel pour que les gens
viennent les aider à défendre la zone. J'y ai vécu pendant trois ans.
J'y ai appris beaucoup de choses, par exemple la langue française, mais
j'ai aussi pu utiliser mes compétences en soudure pour aider les
agriculteurs avec leurs machines. En 2018, le gouvernement est venu
détruire toutes les cabanes et a déclaré que le projet était illégal
\[le projet de construction de l'aéroport a tout de même fini par être
abandonné\]. J'ai donc quitté la région et je suis allé à Paris pour
commencer une nouvelle vie. Là-bas, je me suis fait beaucoup d'amis qui
luttaient pour obtenir des papiers et un logement et j'y ai fréquenté le
collectif No Border. Et j'ai aussi rencontré des gens qui luttaient
contre l'agriculture industrielle. C'est dans ce contexte qu'est née A4.
On s'est demandé comment les personnes arrivant en France ou en Europe
pouvaient utiliser les nombreuses connaissances dont ils disposaient. Je
sais par expérience qu'il y a énormément de gens qui ont beaucoup à
partager, mais quand on arrive ici, on n'a pas l'occasion de le faire.
Sans papiers reconnus par le gouvernement français, on n'a aucun droit,
et pour survivre on n'a pas d'autre choix que d'accepter d'être
exploités : dans le bâtiment, le nettoyage ou la plonge dans les
restaurants -- des emplois avec des conditions de travail horribles.
Mais parce qu'on est loin de chez soi et qu'on a des responsabilités --
par exemple, des familles en Afrique qui attendent de l'aide -- on n'a
pas d'autre choix, malgré ses rêves et son désir de construire sa vie.
Les gens sont dans cette situation parce que la France et l'Union
européenne leur ont fermé la porte ; iels sont marginalisé·e·s
volontairement par un système dans lequel certaines personnes profitent
de ces conditions de travail, que ce soit dans l'agriculture, la
construction publique, ou encore dans les secteurs du nettoyage et de la
restauration.

\_A4 (Alitzel) : Je vais parler un peu de moi, mais je souhaite préciser
que nous parlons avant tout en tant que membres d'un collectif. Je suis
née en Espagne. Ma mère est franco-mexicaine et mon père espagnol. Je
vis maintenant en France depuis quatre ans. J'ai vécu avec différents
collectifs anticapitalistes qui essayaient de faire de l'agriculture de
manière alternative. Mais j'ai été frustré par le fait que, pour avoir
ce genre de vie en France, il faut soit avoir le RSA \[Revenu de
Solidarité Active, une forme de minima sociaux\], soit une aide
financière de l'État pour les périodes où l'on n'a pas d'emploi (mais
cela signifie qu'il faut être de nationalité française). Dans les cas où
l'on essaie de vivre d'un travail agroécologique, il est vraiment
difficile d'avoir un revenu de subsistance ou un salaire, car les gens
doivent vendre ce qu'ils produisent à un prix qui n'est pas accessible
pour beaucoup, surtout dans les quartiers populaires de la ville (à
cause des prix compétitifs de l'agro-­industrie et du fait que l'État
aide beaucoup plus les grandes fermes que les fermes agroécologiques).
En octobre 2021, j'ai rencontré A4 et j'en ai appris plus sur les
questions de souveraineté alimentaire. J'ai rejoint A4 parce que je
pensais que ce projet pouvait nous aider à ne pas oublier que les luttes
sociales sont liées aux luttes écologiques. Je travaille maintenant pour
A4, où j'aide à la coordination.

\_Ana Sanches (AS) : Je m'appelle Ana Sanches. Je suis une femme Noire
originaire du Brésil. Plus précisément, je suis origi­naire de
Caraguatatuba, une communauté côtière de la région périphérique de
l'État de São Paulo. Je vis actuellement à Porto Novo à la périphérie
sud. Je suis chercheuse et militante du mouvement Noir et
socio-environnemental au Brésil et je travaille avec de nombreuses
organisations. Je fais partie de l\'institut Periferia Sustentável,
composé de jeunes de la banlieue et d\'écologiste, ainsi que du réseau
Marron (Rede Quilombação), un mouvement Noir et antiraciste[^2]. Je
travaille également avec le groupe Iteramaxê, une organisation qui œuvre
en faveur d'une plus grande diversité dans les universités, tant en
matière d'accès pour les groupes dits minoritaires (y compris les Noirs,
les Quilombolas \[Marrons\], les Autochtones, les LGBTQIAPN+ et les
personnes handicapées) qu'en termes de thèmes de recherche promus par
ces groupes. J'ai participé récemment à la création du Réseau
antiraciste pour ­l'adaptation au changement climatique[^3], un groupe
qui travaille avec des organisations de défense politique et
territoriale pour élaborer des politiques publiques d'adaptation au
changement climatique pour les Noirs, les Autochtones et les
Quilombolas, ainsi que pour les personnes issues des périphéries et des
territoires vulnérables du Brésil. En plus de mon engagement social, je
travaille comme conseillère de projet à l'Instituto Pólis. Cette
organisation œuvre sur « le droit à la ville », les questions
socio-environnementales et leurs intersections avec la race, le genre,
la classe et le soi, en particulier dans l'agenda socio-environnemental,
en mettant l'accent sur les communautés et la lutte contre les
inégalités[^4]. Je suis titulaire d'un diplôme de premier cycle en
tourisme, d'une maîtrise en sciences \[*mestrado em ciências*\] de la
faculté de santé publique de l'université de São Paulo et je réalise un
doctorat dans le cadre du programme de changement social et de
participation politique de l'université de São Paulo, au sein de
laquelle j'ai effectué des recherches sur les femmes Noires et la lutte
contre le racisme environ­nemental au Brésil.

\_Tatiana Garavito (TG) : Je m'appelle Tatiana Garavito. Je suis une
organisatrice et facilitatrice colombienne, une étudiante de la vie, une
migrante, actuellement basée entre le nord de l'Irlande et la Colombie.
Je me consacre à la création d'espaces permettant à diverses communautés
de se réunir et de réfléchir aux différentes manières dont nous
perpétuons la violence envers nous-mêmes, envers les autres et envers le
monde qui nous entoure. Je travaille également à la co-création
d'espaces où les militant·e·s et les collectifs locaux peuvent explorer
et expérimenter de nouvelles pratiques et façons d'être qui peuvent
conduire à produire des cultures et des systèmes différents.

Actuellement, je co-dirige l'équipe Care & Repair \[Soin & Reparation\]
à Tipping Point \[lit. « point de basculement »\][^5], une coopérative
de travailleurs et travailleuses engagé·e·s dans des politiques de soins
au sein des organisations et dans le soutien de divers écosystèmes de
mouvements qui résistent au chaos climatique tout en renforçant leur
résilience et leur pouvoir face aux systèmes dominants actuels. Nous
soutenons les groupes et les réseaux qui s'organisent afin de dénoncer
les responsables de la détresse planétaire et communautaire. Notre
objectif est de remplacer le statu quo par des alternatives réparatrices
et régénératrices.

Au sein de Tipping Point, j'aide à coordonner le Climate Reparations
Network \[Le Réseau de réparations climatiques\][^6]. Créé en 2021,
juste avant la COP26, le réseau est né d'une collabo­ration entre Tipping
Point et Platform London[^7]. Nous avons créé un espace dédié aux
collectifs locaux et aux militant·e·s qui se concentrent sur diverses
luttes, telles que le logement, la migration, la santé, la terre, la
justice raciale et la justice climatique et cela à travers toute la
Grande-Bretagne. Guidés par une approche de justice réparatrice, nous
avons élaboré une série d'exigences « start and stop » \[« commencer et
arrêter »\] témoignant de notre volonté d'un changement systémique[^8].
Certaines demandes portent sur l'arrêt du financement des énergies
fossiles ou encore l'arrêt des politiques migratoires hostiles. À
l'inverse, nous appelons au paiement de réparations pour les dommages
climatiques et à la démocra­tisation des énergies renouvelables, des
banques, des logements et des infrastructures publiques. Ces demandes,
ainsi que l'appel plus large à des réparations pour les dommages
climatiques, viennent souligner le fait que le changement climatique
résulte de pollutions, d'extractions, d'exploitations et d'oppressions
disproportionnées causées par les colonisateurs. Les pays les plus
polluants sont protégés des effets du changement climatique, tandis que
les pays les moins responsables des émissions en subissent les
conséquences. Tout cela à cause des richesses qui sont extorquées dans
les pays du Sud et les nombreux « Suds » au sein même des pays du Nord
\[*« the many souths of the north »*\]. Le colonialisme et l'esclavage
ont justifié l'exploitation des personnes et des lieux, remplaçant
l'interdépendance et les modes d'existence collectifs par la domination
et l'assujettissement. Ces dynamiques persistent dans les relations
économiques modernes de commerce, d'investissement et d'endettement.

Climate Reparations Network s'efforce d'obtenir des réparations
climatiques en facilitant les transferts de richesses des pays et
entreprises polluantes vers les pays du Sud les plus touchés par les
pertes et les dommages. Mais notre quête de réparations va au-delà de la
simple compensation monétaire ; nous travaillons à la co-création de
processus et de pratiques visant à remédier aux injustices structurelles
économiques, politiques, sociales et culturelles qui rendent certaines
communautés plus vulnérables aux catastrophes. Notre objectif est de
transformer les sociétés en corrigeant les préjudices causés par
l'extraction et l'exploitation. Nous nous efforçons d'assurer la
transition entre un modèle capitaliste alimenté par des combustibles
fossiles \[*fossil-fueled capitalism*\] et un monde fondé sur le soin et
la réparation.

\_MF, SS : Ce premier numéro de la revue *Plurivers* est intitulé «
Décoloniser le changement climatique ». Pourriez-vous, chacun d'entre
vous, réfléchir à ce qu'un tel appel peut signifier dans votre propre
travail et votre pratique ? Quels sont, selon vous, les principaux défis
à relever ? Et y a-t-il des réussites que vous pouvez partager avec nous
?

\_A4 : Le changement climatique ne concerne pas seulement les
populations d'Afrique ou d'Asie -- il nous concerne tous et nous devons
donc nous y attaquer. Avec A4, nous travaillons sérieusement sur les
aspects politiques et culturels du changement climatique, en rassemblant
des groupes qui ne travaillent pas tous dans le même sens, tout en
cherchant à créer des points de convergence. Il est essentiel de faire
le lien entre les injustices liées à la migration ici en France et les
questions d'écologie et de changement climatique. Nous faisons partie
d'un réseau de groupes issus d'autres pays et nous voyons bien comment
-- à cause du changement climatique -- les gens sont obligés de partir
de là où ils vivent, partout. Et ce sont toujours les plus pauvres qui
ont ce problème. Nous pouvons parler de la France parce que nous sommes
ici, mais c'est la même chose dans d'autres pays : les territoires et
les droits des gens leur sont retirés, même s'ils étaient là avant la
colonisation. En Afrique, les gens ont été forcés de partir à cause de
la guerre, de l'action de l'État, de l'accaparement des terres, ou des
conséquences de l'inaction des autres pays face au changement
climatique. Et lorsqu'ils arrivent en France, non seulement ils doivent
entrer dans une culture différente, mais ils sont confrontés au racisme,
même de la part de certains mouvements écologistes qui disent : « Ils
nous prennent nos terres ». Si quelqu'un n'a plus le droit d'être dans
son pays, il faut bien qu'il trouve un nouvel endroit. La question est
de savoir comment ouvrir cette voie.

En janvier 2021, deux amis et moi \[Habib\] avons été invités sur la ZAD
\[à Notre-Dame-des-Landes\] lors de la première rencontre des
Soulèvements de la Terre[^9], mouvement que je suivais de loin. On nous
a demandé de présenter notre itinéraire personnel vis-à-vis de
l'écologie. L'une des premières questions était de savoir comment est-ce
que l'on comprenait le mot « écologie ». La plupart du temps, il est
défendu par des gens de gauche. Mais lorsque l'on assiste à des
rassemblements militants en France ou en Europe, souvent alors que les
gens prétendent lutter contre l'oppression et la violence et qu'ils
s'engagent sur les questions féministes par exemple, la question du
racisme est complètement négligée. Dans certains cas, c'est très
difficile pour nous parce qu'il y a beaucoup de racisme passif. Par
exemple, lors d'un rassemblement d'écologistes et d'anarchistes
d'environ 5 000 personnes, il n'y avait que 10 personnes non Blanches.
Et lorsque nous nous déplaçons dans les campagnes pour trouver du
travail dans les fermes, où il est si difficile d'être autonome si l'on
n'a pas de voiture, on entend dire : « Vous pouvez faire du stop. C'est
facile. Nous sommes tous égaux. C'est pareil pour tout le monde, ce
n'est pas si difficile ». Nous sommes face à une véritable
méconnaissance.

Comment faire évoluer cette situation ? Nous essayons de rapprocher les
deux luttes, qui sont pour la plupart très différenciées en France : il
y a des militants écologistes qui ne pensent pas tellement aux aspects
sociaux ; les gens qui sont dans les luttes sociales n'ont pas le temps
de penser aussi à l'écologie. L'idée d'A4 est de construire ce réseau en
France et au-delà -- nous ne voulons pas respecter les frontières
nationales. Nous sommes en contact avec des groupes qui ont les mêmes
objectifs dans différentes régions de France, d'Espagne, de Suisse...
Nous essayons de redonner de l'espace aux personnes venant du Sud, dont
les voix et les savoirs ne sont pas entendus. L'État n'ouvre les portes
du travail que lorsqu'il le souhaite. Par exemple, pendant le COVID,
comme les frontières françaises étaient fermées, il n'y avait pas assez
de gens pour travailler dans l'agriculture. Ils ont donc fait une loi
spéciale pour que les gens de l'extérieur puissent venir seulement pour
cette période, pour ce travail, et ensuite retournent dans leur pays. La
légalité ou l'illégalité des personnes dépend de l'intérêt des États.
Nous essayons de dire que les personnes du Sud devraient avoir la
possibilité de décider librement de ce qu'elles veulent faire de leur
vie et ne devraient pas être considérées comme des esclaves ou comme des
êtres humains n'ayant pas la même valeur que les Blancs. Nous ne
traitons pas les Ukrainiens de la même manière que les Soudanais ou les
Afghans qui viennent en France. Nous essayons de rendre ces questions
visibles.

Nous avons découvert qu'il y a un problème particulier en France :
beaucoup d'agriculteur·rice·s arrivent à la retraite et beaucoup de
fermes sont abandonnées. Dans le même temps, il y a beaucoup de gens qui
arrivent, d'Afrique, d'Asie ou de pays en guerre, qui ont des
connaissances et qui cherchent du travail. On s'est dit pourquoi ne pas
créer une association qui ferait le lien entre la ville et la campagne
et qui permettrait de garantir qu'il n'y ait pas d'abus pour les gens
qui travaillent dans les fermes. Qu'iels puissent avoir un logement
décent et que leur dignité soit respectée. C'est de cette manière qu'est
née l'association, et maintenant nous essayons de mettre en place un
réseau de soutien. Nous faisons petit à petit un tour de France -- nous
faisons des visites de terrain d'une semaine à peu près quatre fois par
an -- pour essayer de faire des liens entre les personnes migrant·e·s,
les fermes et les associations sociales qui accompagnent les personnes
dans leurs trajectoires migratoires et qui les soutiennent en leur
fournissant des papiers, un logement et une formation.

Nous avons commencé à travailler ici en France avec une organi­sation
appelée F3E, qui travaille avec des chercheur·se·s, des universitaires
et des activistes au niveau international sur un projet appelé «
écologie et pouvoir d'agir »[^10]. Il y a dix participant·e·s
origi­naires de différents pays : des personnes qui travaillent sur les
questions de l'eau, sur les questions féministes, sur les mines en
Afrique, sur les droits des afro-descendant·e·s en Amérique du Sud. En
Inde, un collectif de femmes travaille sur la manière dont les femmes
peuvent avoir leurs propres terres en tant qu'agricultrices et être
leaders de leurs communautés.

L'un des objectifs de A4 est d'explorer les problématiques juridiques et
de trouver des moyens de régulariser les personnes. Nous travaillons
avec le CODETRAS \[Collectif de défense des ­travailleur·euse·s
étranger·ère·s dans l'agriculture\], qui est un collectif de défense,
entre autres, des travailleur·euse·s détaché·e·s[^11]. C'est un moyen
légal d'exploiter des personnes venant du Sud qui sont en situation
régulière dans d'autres pays de l'Union européenne : lorsqu'elles
travaillent dans un autre pays -- qui n'est pas le premier pays où elles
sont arrivé·e·s, elles ont de très mauvaises conditions de travail[^12].
Nous travaillons également avec la Confédération Paysanne[^13] -- l'un
des syndicats français des travailleurs agricoles -- qui a une
commission concernant le travail agricole des étrangers. L'une de nos
autres idées consiste à sensibiliser à ces luttes avec les Soulèvements
de la Terre.

![Voyage de recherche de l'Association A4, Limousin, France, février
2022. Photo © Association
A4.](https://plurivers.net/files/845d8b7e427dec5a0b8ca2db2e5d8fe4.webp){width="1600"
height="1045"}

Nous avons récemment fait un voyage à Lannion, en Bretagne, où nous
avons visité des centres d'accueil pour demandeurs d'asile. En discutant
avec eux, nous avons découvert que de ­nombreux·ses personnes migrant·e·s
sont exploité·e·s pour des travaux tels que la cueillette des fruits ou
des tomates. Comment est-il possible que l'État autorise ce travail,
uniquement pendant la saison où les agriculteurs ont besoin d'une
main-d'œuvre bon marché, et que les personnes migrant·e·s perdent
ensuite le droit de travailler, une fois la saison terminée ? Quelle est
la relation entre l'agro­-industrie, l'État et la MSA \[Mutualité sociale
agricole\], qui légalisent ­l'exploitation et ne respectent pas les
personnes ? Nous commençons à mener des enquêtes et à faire un travail
psychologique et d'autonomisation auprès des personnes qui ont subi des
abus dans les agro-industries, qui sont souvent traitées comme des
esclaves, afin qu'elles puissent parler de ces conditions. Il est plus
facile pour quelqu'un de parler de ces choses lorsque d'autres personnes
viennent témoigner. Cet élément de recherche conjointe est important par
rapport à la position paternaliste de nombreuses personnes au sein de la
gauche et du mouvement écologique. Récemment, un tribunal de Brest a
condamné ce traite­ment déshumanisant[^14]. Nous allons essayer de
travailler avec le CODETRAS, ainsi qu'avec la Confédération Paysanne,
afin de rendre plus visible la façon dont les migrant·e·s sont
utilisé·e·s pour le travail agro-industriel au niveau national.

\_AS : Le Brésil est le pays qui a accueilli le plus grand nombre de
personnes kidnappées sur le continent africain dans le cadre de la
traite transatlantique des esclaves. C'est également le dernier pays
occidental à avoir aboli l'esclavage (en 1888). C'est à partir de ce
pays que je situe ma pensée. Ainsi, lorsque je pense à la décolonisation
du changement climatique, je pense à la manière de décoloniser le monde
et toutes nos relations, en faisant face à ce qui nous a été imposé, du
point de vue du Brésil. Je pense que cela implique ce qu'Antonio Bispo
appelle une « contre-colonisation » \[*contra-­colonizar*\] dans les
relations affectives, les connaissances, les questions de genre et les
questions intergénérationnelles. Cela implique de penser à une autre
façon d'habiter et d'entrer en relation avec la Terre, qui remette
profondément en question le colonialisme[^15]. C'est pourquoi je
considère également comme très importante la question de la diversité
ethnique et raciale des voix qui agissent sur l'agenda climatique ainsi
que l'engagement en faveur de politiques publiques de réparation
historique afin de rendre concret une réalité plus équitable et
plurielle.

Ma trajectoire et celle de ma famille illustrent à la fois l'exclusion
structurelle des pauvres, des Autochtones et des Noirs, des espaces
publics et de l'enseignement supérieur, mais aussi la possibilité
d'accéder à ces espaces par le biais de politiques publiques sociales
telles que les quotas universitaires[^16]. Ces politiques ont permis à
ma mère -- une femme Blanche de la classe ouvrière, fille d'immigrés de
la classe ouvrière et femme de ménage -- d'obtenir un diplôme
universitaire. À mon tour, j'ai bénéficié de cette politique pour aller
à l'université. C'est ce qui m'a permis d'être ici aujourd'hui et de
pouvoir aider les organisations socio-environnementales à lutter contre
les inégalités au Brésil, à l'intérieur et à l'extérieur de
l'univer­sité, que ce soit dans les quartiers avec des collectifs locaux
ou dans les bureaux du gouvernement et les ministères, en mobili­sant des
connaissances empiriques et théoriques. L'université, les bureaux et les
secteurs commerciaux, représentés par la blanchité et la suprématie
blanche, tentent de nous exclure (les Noirs et les Autochtones) des
positions de pouvoir, mais lorsque nous occupons ces espaces, même si
notre présence est minime, nous apportons d'autres récits et une
diversité de pensées.

Là où je travaille actuellement, à l'Instituto Pólis, nous pensons que «
le droit à la ville » concerne également les espaces culturels publics
et le droit de vivre et d'expérimenter la ville sans violence. Nous
tenons compte des expériences et des violations des droits des personnes
LGBTQIAPN+, ainsi que des discriminations ethniques et raciales. De
plus, nous soulignons que les questions environnementales aggravent ces
inégalités. En effet, lorsque les personnes les plus vulnérables font
l'expérience traumatisante de perdre leur maison pendant ou après un
glissement de terrain ou une inondation, elles -- et leur famille --
sont contraintes d'occuper des espaces soumis à des risques
environnementaux élevés (qui sont les seules options abordables ou
possibles lorsqu'elles cherchent un toit). Sinon, elles se retrouvent
abandonnées dans des lieux éloignés de leurs relations et liens
affectifs, sans consultation préalable, dans le cadre d'une forme
coloniale d'intervention et d'« aide ». Souvent, les refuges où elles
sont accueillies sont situés dans des endroits dangereux, sans sécurité,
avec des conditions sanitaires médiocres, ce qui entraîne des risques
accrus de violence et davantage de souffrances psychiques. Ainsi, pour
moi, l'une des autres façons de décoloniser le changement climatique
consiste à souligner que les questions d'inégalités environnementales
doivent être formulées dans une perspective antiraciste, non patriarcale
et anticapitaliste. Mon rôle consiste à remettre en question les termes
courants d'« environnement », d'« écologie » et de « climat » en les
remplaçant par d'autres termes voire d'autres types de savoirs. Les
concepts de « justice environnementale » et de « racisme environnemental
» m'aident dans cette lutte. Au Brésil, la race, l'appartenance
ethnique, la classe et le genre sont des facteurs qui déterminent si
vous allez vivre ou mourir, si vous allez avoir des conditions de vie
décentes ou non, si vous allez avoir une maison où vivre ou non.

Pour décoloniser le changement climatique, nous devons articuler la
lutte antiraciste et contre-coloniale dans nos pratiques individuelles
et collectives. La collectivité est un facteur important dans la
décolonisation du changement climatique, car c'est là que nous apportons
la technologie ancestrale de la communauté, dans laquelle tout le monde
agit en communion pour la bonne vie. L'adage « Je suis parce que nous
sommes » prend tout son sens à mes yeux, en particulier lorsque nous
pensons à l'éthique du soin et de l'attention. Nous ne devons pas
oublier que c'est nous, les femmes Noires, qui sommes les principales
responsables de la logique et du travail de soin, d'alimentation et de
soutien. C'est à nous qu'il incombe de prendre soin des autres et du
monde. Je pense qu'il s'agit d'un élément important qui demeure souvent
marginalisé lorsque l'on parle de ces enjeux.

Enfin, la décolonisation du changement climatique implique un regard
sensible et critique et des actions pour lutter contre la violence
d'État. C'est le travail que de nombreuses personnes, groupes et
organisations ont réalisé de différentes manières au Brésil, en
utilisant l'action politique pour l'élaboration de politiques publiques
justes et efficaces, visant à la coordination territoriale
\[*articulação*\] et à garantir l'autonomie des communautés. Par
exemple, des collectifs nationaux tels que CONAQ (Coordenação Estadual
das Comunidades Quilombolas) et APIB (Articulação dos Povos Indígenas do
Brasil) ont aidé de nombreuses communautés traditionnelles à préserver
leurs terres en faisant reconnaître officiellement la délimitation de
leurs territoires[^17]. Les réseaux de solidarité GRIS Espacio Solidario
et Rede por Adaptação Antirracista ont contribué à l'élaboration de
plans d'adaptation au climat[^18]. De même, la Coalizão Negra por
direitos, Ação Negra, CUFA (Central Única das Favelas) et le Rede
Antirracista Quilombação travaillent sur l'éducation, la production de
connaissances, les débats intellectuels et politiques, les projets
sociaux d'urgence (tels que la distribution de nourriture) et les
politiques publiques[^19]. Des organisations comme Pólis, Conectas,
Peregum, IBDU, Alana, Perifa-Sustentavel, et bien d'autres, qui
réfléchissent de différentes manières au droit au logement et à la
dignité des habitant·e·s des villes brésiliennes existent depuis des
années[^20].

![Ana Sanches à la manifestation de la Journée de la Terre : Pour la
conservation de la planète et la vie des gens, São Paulo, 2023. Photo ©
Amanda
Costa.](https://plurivers.net/files/d44db7daacd5e300e2a9d216699b2c3b.webp){width="1638"
height="2048"}

Il y a beaucoup de luttes au Brésil. En particulier, en tant que
militant·e·s et défenseur·e·s des droits de l'Homme et de
l'environ­nement dans ce pays, on court régulièrement le risque d'être
persécuté·e·s, voire tué·e·s. C'est le cas de Bernadette Pacific, connue
sous le nom de Mãe Bernadette, une femme Noire qui était l'ancienne
dirigeante de la coordination des communautés quilombos du Brésil
(CONAQ) et qui a été abattue en août 2023 à l'âge de 72 ans.

Malgré toutes ces difficultés et tous ces défis, j'y crois et je me bats
pour la construction de propositions collectives et affectives pour un
monde meilleur, dans lequel la diversité des corps et des expériences
serait célébrée et toutes les formes de vie seraient honorées, reconnues
et validées. Je souligne que le lendemain dont nous rêvons doit être
construit aujourd'hui ; par conséquent, toutes les mains doivent être
entrelacées et tous les savoirs doivent être en communion dans la lutte
contre la crise écologique et humanitaire, et toutes les formes
d'oppression causées par le colonia­lisme, ainsi que toutes les variables
d'oppression exacerbées par la suprématie blanche, le patriarcat et le
racisme. Par conséquent, j'appelle les populations de toutes les
favelas, quilombos, villages et périphéries ; j'invite tous les corps,
couleurs et ethnies ; j'appelle tous les travailleurs et les
travailleuses à s'engager dans une lutte antiraciste, anticapitaliste et
décoloniale. Dans la lutte et la célé­bration de la vie que nous sommes !
*Axe* !

\_TG : Pour moi, décoloniser le changement climatique passe par la
reconnaissance du fait que cette crise s'inscrit dans une lignée de
crises qui s'étendent sur les derniers siècles et que toutes ces crises
sont issues des mêmes systèmes de domination et de pouvoir : la violence
étatique, le colonialisme, le capitalisme, le racisme, le patriarcat,
l'hétéronormativité et le validisme. Il s'agit de reconnaître que ces
systèmes ont été conçus pour exploiter et extraire toute chose de toute
personne. Décoloniser le changement climatique nous invite à réaliser
que nous sommes également confrontés à une crise spirituelle -- une
déconnexion angoissante des uns avec les autres et avec le monde, dans
une logique de l'Anthropocène qui place les humains au sommet d'une
hiérarchie tout en désignant les personnes racialisées, les femmes, les
personnes non conformes au genre, les personnes handicapées, les peuples
Autochtones, les communautés marginalisées et la nature comme des
ressources dont on peut se passer.

Décoloniser le changement climatique nous encourage également à étudier
non seulement comment nous en sommes arrivés là, mais aussi comment se
souvenir, rêver et co-créer intentionnellement de nouveaux systèmes,
pratiques, processus, prières et outils favorisant les connexions et la
guérison des blessures infligées par ces systèmes. Tout cela afin de
nous permettre d'agir écologiquement et de reconnaître les cycles
écosystémiques et d'être cohérent·e·s avec les transformations que nous
souhaitons.

Bien qu'il soit difficile de qualifier ces luttes de succès en raison de
la multitude d'essais et de remèdes non testés, je peux vous faire part
de quelques réflexions sur les progrès que nous réalisons, selon moi,
ainsi que sur les défis auxquels nous continuons à être confronté·e·s.

En s'inspirant des mouvements mondiaux prônant les réparations, le
Climate Reparations Network s'est efforcé de faire des réparations
climatiques un principe central du mouvement pour la justice climatique
en Grande-Bretagne. Nous avons organisé des Blocs de Réparations
Climatiques \[Climate Reparations Blocs\] lors des grandes marches pour
le climat correspondant à la COP26 et à la COP27[^21]. Ces marches ont
rassemblé des centaines de personnes, favorisant la création d'œuvres
d'art telles que la bannière géante, « Climate Reparations Now », conçue
par ­l'artiste Jacob Law. Nous avons également organisé une veillée en
hommage à Chris Kaba, un jeune homme Noir tué par la police à Londres.
Nous avons relié nos différentes luttes à des appels plus larges en
faveur des réparations climatiques par le biais de formations,
d'événements et de conversations, permettant ainsi aux mouvements et aux
individus d'adopter une approche de justice réparatrice dans
­l'organisation environnementale[^22]. Ce processus a permis d'élargir la
compréhension des luttes interconnectées à travers diverses traditions
d'organisation, en s'affranchissant des logiques établies telles que la
productivité, l'urgence, le perfectionnisme et la compétence.

![Climate Reparations Network lors de la manifestation « cette crise
exige une action », Édimbourg, Écosse, novembre 2022. Photo reproduite
avec l'autorisation de Climate Reparations Network, © Guy
Bell.](https://plurivers.net/files/d4aea7541af375756566146ca3572dac.webp){width="1600"
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Je suis profondément inspirée par la multitude de tribunaux populaires
que les communautés organisent pour lutter contre la vaste gamme de
violences perpétrées par les entreprises, les gouvernements et les
institutions à l'échelle mondiale. Ces efforts s'appuient sur les
principes abolitionnistes pour concevoir et modéliser de manière
collaborative des infrastructures visant à contrer les pratiques
omniprésentes de l'extractivisme mondial. Récemment, le Climate
Reparations Network a fait partie du collectif People's Health Hearing
\[Tribunal de la Santé du Peuple\]. Ensemble, nous avons organisé le
People's Health Tribunal contre Shell et Total en Afrique, en étroite
collaboration avec des communautés en Ouganda, au Mozambique, dans le
delta du Niger et en Afrique du Sud[^23]. Le verdict et le processus du
tribunal ont été rendus principalement par les communautés affectées
ayant partagé leurs témoignages. L'approche a été conçue dans l'idée
d'un dialogue permanent avec les communautés participantes. Ces
tribunaux pointent les lacunes des « démocraties » électorales et les
défaillances du système judiciaire, soulignant leur incapacité à rendre
une véritable justice, tout en défendant la vision d'un monde où des
entreprises comme Shell et Total cessent d'exister et où les communautés
ont le pouvoir d'instaurer les mondes dont nous avons besoin.

![Climate Reparations Network lors de la manifestation « cette crise
exige une action », Édimbourg, Écosse, novembre 2022. Photo reproduite
avec autorisation de Climate Reparations Network, © Guy
Bell.](https://plurivers.net/files/0a5572a77863f858a3d8e6de0d1b0cba.webp){width="1600"
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Au niveau mondial, je suis également intéressée par des gouvernements
tels que ceux de la Colombie, du Kenya et des pays insulaires du
Pacifique qui plaident en faveur de réparations climatiques associées à
une élimination progressive des combustibles fossiles[^24] et à une
transition juste, une série d'étapes qui conduiront à un changement de
système, visant à démanteler le racisme, l'oppression des femmes et le
modèle économique actuel et son tropisme sur la croissance -- une
transition qui tiendra compte de la dette écologique et coloniale entre
le Nord et le Sud et de l'engagement à ne pas répéter les mêmes
erreurs[^25]. En Colombie, le gouvernement de gauche dirigé par Gustavo
Petro et l'avocate écologiste Francia Márquez a suscité des débats
politiques qui élèvent les normes de notre mode de vie[^26]. Bien qu'ils
se heurtent à la résistance des élites qui contrôlent les médias et les
institutions influentes, ces débats suscitent des discussions sur la
justice en matière de dette, des dynamiques mondiales, de la protection
de l'Amazonie et des systèmes alternatifs.

De même, des pays comme le Kenya et certains États des « grands océans »
\[*« large ocean » states*\] bien qu'ils ne soient pas toujours
progressistes lorsqu'il s'agit d'agendas politiques faisant peu de place
au changement climatique, défendent les réparations climatiques par le
biais de l'élimination progressive des combustibles fossiles dans les
forums internationaux. Toutefois, ces efforts nécessitent une
coordination régionale et mondiale pour pouvoir faire face au pouvoir
hégémonique des pays du Nord et à la montée de l'extrême droite
mondiale, qui capitalise sur les crises du néolibéralisme. Bien que les
mouvements d'extrême droite ne détiennent pas la réponse, leur montée
est alimentée par l'absence d'alternatives et d'une gauche
internationale puissante.

Les défis concernent également la montée de fausses solutions : la
capture et le stockage du carbone (CCS), la bioénergie, la
géo-­ingénierie, l'énergie nucléaire, les approches de transformation des
déchets plastiques en énergie, l'hydrogène bleu, le gaz naturel et les
énergies renouvelables non durables telles que les grandes centrales
hydroélectriques et géothermiques, ainsi que les compensations carbone
\[*carbon offsets*\], entre autres[^27]. Ces solutions séduisent par
leur tentative de cooptation et de détournement de l'attention vis-à-vis
des défis croissants. Les mouvements, y compris ceux dont je fais
partie, sont de plus en plus contraints de s'attaquer aux impacts que
ces « solutions » imposent aux communautés. Les fausses solutions
englobent également certains discours et actions autour de la
gouvernance du changement climatique, occupant ainsi des espaces qui
pourraient être mieux utilisés pour examiner la construction et les
logiques sous-jacentes des systèmes et des structures sociales
responsables de la perpétuation des inégalités dans le monde.

![Voyage de recherche de l'Association A4, Limousin, France, février
2022.\
Photo © Association A4.](file.jpg)

![Ana Sanches à la manifestation de la Journée de la Terre : Pour la
conservation de la planète et la vie des gens, São Paulo, 2023.\
Photo © Amanda Costa.](file.jpg)

![Climate Reparations Network lors de la manifestation « cette crise
exige une action », Édimbourg, Écosse, novembre 2022. Photo reproduite
avec l'autorisation de Climate Reparations Network, © Guy
Bell.](file.jpg)

![Climate Reparations Network lors de la manifestation « cette crise
exige une action », Édimbourg, Écosse, novembre 2022. Photo reproduite
avec autorisation de Climate Reparations Network, © Guy Bell.](file.jpg)

[^1]: Pour plus d'informations sur l'Association A4 et pour suivre leurs
    activités, voir <https://a4asso.org/>

[^2]: <https://institutoperifasustentavel.com.br/>

[^3]: <https://adaptacaoantirracista.org.br/>

[^4]: [https://polis.org.br](https://polis.org.br/),\
    \@institutopolis

[^5]: <https://tippingpointuk.org/>

[^6]: <https://climatereparations.uk/>

[^7]: <https://platformlondon.org/>

[^8]: <https://climatereparations.uk/#demands>

[^9]: \[Eds.\] Les « Soulèvements de la Terre » est un mouvement
    écologiste/groupe militant pour le climat en France qui a fait
    beaucoup parler de lui lorsque le ministre français de l'Intérieur,
    Gérald Darmanin, a appelé à le dissoudre en juin 2023 (tentative
    annulée depuis par les tribunaux). Cette tentative de dissolution
    s'est opérée à la suite d'une manifestation et d'une violente
    répression par les forces de police lors d'une manifestation
    d'environ 5 000 personnes contre les « méga-bassines » près de
    Sainte-Soline, dans l'ouest de la France. Pour plus d'informations
    et pour soutenir le groupe, voir
    [https://lessoulevementsdelaterre.org](https://lessoulevementsdelaterre.org/)

[^10]: [https://f3e.asso.fr](https://f3e.asso.fr/) ;
    <https://f3e.asso.fr/save-the-date-journee-ecologie-et-pouvoir-dagir-du-f3e/>

[^11]: [http://www.codetras.org](http://www.codetras.org/)

[^12]: Voir Servel, Hélène et Hermelin, Tifenn, « Travailleurs détachés
    -- les dessous d'une exploitation », *Blast*, 30 mars 2023 (2
    parties) :
    <https://www.blast-info.fr/podcasts/travailleurs-detaches-les-dessous-dune-exploitation-fMsrQ0U-TK2vxYM-aitI2g>

[^13]: <https://www.confederationpaysanne.fr/>

[^14]: Voir « Traite d'êtres humains. 2 ans de prison ferme pour le
    gérant d'une entreprise de volailles », *France TV*, 6 juillet 2023
    (France3 :
    Bretagne),<https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/finistere/brest/traite-d-etres-humains-dans-une-entreprise-de-volailles-2-ans-de-prison-ferme-pour-le-gerant-2808866.html>

[^15]: Dans son récent livre*, A terra dar, a terra quer, Säo Paulo*,
    Ubu Edition, 2023, Antonio Bispo dos Santos conceptualise le terme
    contracolonização (« *contre-colonialisme* ») comme une contestation
    lancée au colonialisme à partir du contexte spécifique du Brésil.

[^16]: Des politiques publiques de quotas visant à garantir l'accès des
    classes populaires, des Autochtones et des Noirs à l'université ont
    été mises en place au Brésil au cours des 20 dernières années.

[^17]: \@conaquilombos; \@apiboficial

[^18]: \@gris.solidario; \<https://adaptacaoantirracista.org.br/

[^19]: \@coalizaone\
    grapordireitos ;\
    \@acaonegra\_ ;\
    \@cufabrasil ;\
    \@reedequilombacao

[^20]: Voici d'autres organisations et collectifs à suivre au Brésil :
    Fase ; Rede Brasileira de Justiça Ambiental ; Rede Antirracista
    Quilombação ; Rede de mulheres negras de PE --
    redemulheresnegraspe ; INESC -- \@inescoficial ; Instituto Clima e
    Sociedade ; Alana --\
    \@institutoalana ; IBDU -- \@ibdu_oficial ; 21 dias de ativismo
    contra o racismo -- \@21diasdeativismo\
    contraoracismo ; Instituto Duclima --\
    \@institutoduclima ; ANEPE --\
    \@articulacaonegrape ; Instituto de referência Negra Peregum --\
    \@institutoperegum ; Movimento dos Atingidos por Barragens -- MAB
    --\
    \@atingidosporbarragens ; Centro de Estudos e Defesa do Negro do
    Pará -- CEDENPA --\
    \@cedenpa.cedenpa ; Mundaú Mundo --\
    \@mundaumundo ; Caranguejo Tabaires Resiste NOSSAS --\
    \@\_nossas ; Conectas Direitos Humanos --\
    \@conectas ; Palmares Laboratório -- Ação --\
    \@palmareslab ; Greenpeace Brasil --\
    \@greenpeacebrasil ; Rede Sul-americana p/ as Migrações Ambientais
    -- RESAMA -- \@resama_org ; Habitat Brasil --\
    \@habitatbrasil ; Ibura Mais Cultura --\
    \@iburamaiscultura ; PerifaConnection --\
    \@perifaconnection ; Rede Vozes Negras Pelo Clima -- Anistia --\
    \@anistiabrasil ; Instituto Marielle Franco --\
    \@institutomariellefranco ; Clima de eleição --\
    \@climadeeleicao

[^21]: Voir par exemple l'appel à la mobilisation du 12 novembre 2022 :
    <https://www.instagram.com/p/CkQv_GCDGeW/>

[^22]: Voir Macmillen Voskoboynik, Daniel, « To fix the climate crisis,
    we must face up to our imperial past », *OpenDemocracy*, 8 octobre
    2018,
    <https://www.opendemocracy.net/en/opendemocracyuk/to-fix-climate-crisis-we-must-acknowledge-our-imperial-past/>

[^23]: The People's Health Tribunal, The People of Africa vs. Shell &
    Total Energies -- the verdict :
    <https://www.medact.org/project/peoples-health-hearing/verdict/#:~:text=We%20find%20the%20governments%20of,the%20rights%20of%20its%20people>

[^24]: Fossil fuel non-proliferation treaty \[Traité de
    non-prolifération des combustibles fossiles\], mai 2023 :
    <https://static1.squarespace.com/static/5dd3cc5b7fd99372fbb04561/t/648c33e9e872940647bbc116/1686909931092/GENERAL+BRIEFING+-+ENG+%23FossilFuelTreaty.pdf>

[^25]: War on Want et London Mining Network, « A just(ice) transition is
    a post-extractive transition », septembre 2019,
    <https://waronwant.org/sites/default/files/Post-Extractivist_Transition_WEB_0.pdf>

[^26]: Garavito, Tatiana, et Faciolince Martina, María, « What can other
    movements learn from Colombia's elections ? » *African Arguments*,
    29 juin 2021,
    <https://africanarguments.org/2022/06/africa-what-can-other-movements-learn-from-colombia-elections/>

[^27]: Friends of the Earth, « False climate solutions »,
    <https://foe.org/projects/false-solutions/>
