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author:
- Aude Chesnais
- Lori Peek
date: 2026-05-12
lang: fr
rights: "CC BY-NC-SA 4.0,
  https://creativecommons.org/licenses/by-nc-sa/4.0/deed.fr"
source: "https://plurivers.net/revue-plurivers-1/dans-le-sillage-des-catastrophes-naturelles.html"
subtitle: Une conversation avec Lori Peek
title: Dans le sillage des catastrophes naturelles
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::: traducteurices
Traduit de l'anglais par l'équipe éditoriale Plurivers
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::: biography
Je m'appelle Lori Peek. Je vis à Boulder, dans le Colorado, aux
États-Unis. Je suis directrice du Natural Hazards Center et professeur
au dépar­tement de sociologie de l'université du Colorado à Boulder. J'ai
­consacré plus de vingt ans de ma vie à la recherche sur les impacts des
catastrophes pour les humains. Ma thèse de doctorat et mon premier livre
portaient sur les réactions négatives à l'égard des États-unien·nes
­musulman·es après les attentats terroristes du 11 septembre. Les
ouvrages que j'ai publiés par la suite en collaboration ont exploré une
série de sujets liés aux enfants et aux catastrophes, aux déplacements
de population à la suite de l'ouragan Katrina, à la manière dont nous
tirons les leçons des catastrophes de grande ampleur et aux contours de
la sociologie de l'environnement. Ce qui m'a toujours attiré dans le
domaine des risques et des catastrophes, c'est sa nature résolument
appliquée. Mes mentors m'ont inculqué le sentiment que la recherche
devait être conçue pour être pratique et exploitable, et j'ai porté ces
idées tout au long de ma carrière et dans la salle de classe. À
l'université du Colorado Boulder, je donne un cours d'introduction à la
sociologie à 400 étudiants. J'encadre également de nombreux·ses
étudiant·e·s de premiers et deuxièmes cycles qui souhaitent apprendre à
mener des recherches et à appliquer les connaissances acquises pour
réduire la vulnérabilité existante. J'aime mon travail et il est
toujours utile de prendre du recul et de réfléchir.
:::

L'entretien suivant a été réalisé en anglais en juin 2023 par échange de
courriels entre Aude Chesnais, membre de l'équipe éditoriale et Lori
Peek, puis traduit en français.

\_Aude Chesnais (AC) : Lori Peek, votre travail questionne généra­lement
la manière dont les communautés marginalisées font face aux risques
naturels et aux catastrophes. Votre contribution est très importante
pour nous. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur vous et sur le lien
entre votre travail et le changement climatique ?

\_Lori Peek (LP) : Je vous remercie de m'avoir interrogée sur ces liens.
Depuis plus de 20 ans, j'étudie la manière dont les personnes
socialement marginalisées -- en raison de leur revenu, de leur âge, de
leur race, de leur appartenance ethnique ou d'autres facteurs -- se
préparent aux catastrophes, y réagissent et s'en remettent. Lorsque j'ai
commencé à travailler au Natural Hazards Center en tant qu'assistante de
recherche diplômée en 1999, les catastrophes étaient souvent
caractérisées comme des « événements à faible probabilité et à fortes
conséquences ». Depuis, le changement climatique a contribué à accélérer
les impacts des catastrophes et les pertes qu'elles entraînent.
Aujourd'hui, je pense qu'il serait plus juste de qualifier les
catastrophes « d'événements à forte probabilité et à fortes
conséquences ». L'augmentation du nombre de catastrophes a fait payer un
tribut disproportionné aux populations à faible revenu, aux personnes
racisé·e·s[^1], aux enfants, aux personnes âgées et à d'autres personnes
dont le pouvoir et les ressources sont limités. Étant donné que les
catastrophes liées au changement climatique d'ores et déjà déplacent et
portent atteinte à de nombreuses personnes en marge de la société, je
vois un lien étroit entre le travail sociologique sur les populations
socialement vulnérables et la recherche sur le changement climatique.

\_AC : Que pouvez-vous nous dire sur la prévalence des risques naturels
qui se transforment en catastrophes ? À quoi ces tendances nous
conduisent-elles à nous attendre dans un avenir proche ?

\_LP : Si les normes et les pratiques en matière d'établissement de
rapports ont certainement été affinées au fil des décennies, la plupart
des spécialistes s'accordent à dire que le nombre de catastrophes liées
au changement climatique est en augmentation. Prenons l'exemple d'un
rapport récent qui révèle que 90 pour cent des comtés états-uniens ont
subi au moins une catastrophe météorologique majeure entre 2011 et
2021[^2]. Le même rapport montre également que certains comtés ont connu
des événements multiples, cooccurrents ou en cascade. Les analyses des
catastrophes de grande ampleur aux États-Unis indiquent également que
l'intervalle de temps entre les catastrophes se raccourcit, ce qui
signifie qu'il y a moins de temps et de ressources disponibles pour
réagir, se rétablir et se préparer aux événements, laissant les
communautés dans des cycles apparemment sans fin de pertes et de
perturbations[^3].

Ces sources de données et bien d'autres suggèrent qu'aux États-Unis et
dans le monde, les communautés sont de plus en plus confrontées aux
effets de la chaleur et du froid extrêmes, des inondations, de la
sécheresse et d'une myriade d'autres crises liées aux activités humaines
qui ont augmenté la teneur en dioxyde de carbone de l'atmosphère. Bien
entendu, il est important de souligner que les pertes dues aux
catastrophes ne découlent pas uniquement du changement climatique. Elles
sont également dues à des pratiques d'utilisation des sols non
soutenables, à des codes de construction non appliqués ou inexistants, à
des inégalités économiques croissantes qui font que moins de personnes
disposent des ressources nécessaires pour se protéger et se préparer, à
un racisme structurel qui fait que les personnes racisées vivent souvent
dans des endroits plus risqués ou dans des logements moins sûrs, et
ainsi de suite. Le fait est que les catastrophes se produisent à
l'interface des environnements construits, humains et naturels. Se
concentrer sur une seule force à l'origine de ces pertes occulterait les
autres facteurs qui s'entrecroisent.

\_AC : Comment cela affectera-t-il les communautés marginalisées et
racisées aux États-Unis ? Selon vous, quelle est la population la plus
exposée ?

\_LP : J'apprécie beaucoup cette question, mais je pourrais la réviser
légèrement pour dire : « Comment ces catastrophes affectent­-elles les
communautés marginalisées et racialisées aux États-Unis ? » Il est
important de parler des catastrophes liées au changement climatique au
présent plutôt qu'au futur. Ces catastrophes sont là, elles touchent des
milliards de personnes dans le monde et des centaines de millions aux
États-Unis. Les personnes racisées, les populations à faibles revenus et
d'autres groupes dont le pouvoir et les ressources sont limités sont
particulièrement touchés par les évènements climatiques extrêmes.

Quant à savoir quelle population est la plus exposée, la question est
également compliquée et, d'une certaine manière, impossible à résoudre.
À l'échelle la plus large, nous vivons tous et toutes en situation de
risque et peu de personnes, si ce n'est aucune, sont totalement à l'abri
d'une catastrophe imminente. Cela étant, les catastrophes ont évidemment
des effets disproportionnés, mais pour comprendre ces effets, il est
essentiel d'utiliser une optique intersectionnelle qui explore les fils
étroitement entrelacés de ­l'inégalité et du privilège. Par exemple, ceux
qui utilisent la théorie et les méthodes intersectionnelles dans leur
travail ont tendance à explorer soigneusement de multiples facteurs
démographiques -- tels que la race, la classe, le sexe, l'âge, les
capacités, etc. -- ainsi que des facteurs contextuels tels que la
situation géographique et (le manque) d'investissement dans les
infrastructures et les capacités des communautés. Aux États-Unis, les
personnes de couleur et les personnes aux revenus limités ou sans
fortune sont plus susceptibles de vivre dans des communautés où l'accès
aux soins de santé est moindre, où les infrastructures sont moins
résistantes et où d'autres conditions contextuelles rendent ces
populations plus vulnérables aux catastrophes. Comme le suggèrent ces
exemples, la vulnérabilité n'a rien de naturel. Elle est au contraire
façonnée et déterminée par des forces historiques, économiques et
sociales. La prise en compte de ces facteurs nous aide à identifier les
communautés les plus exposées, et pour quelles raisons elles le sont.
Une fois que nous disposons de ces informations, la question est de
savoir comment modifier les politiques et les pratiques pour réduire les
risques.

\_AC : Quels sont les moyens utilisés par les communautés racisées et
marginalisées pour faire face aux catastrophes et s'y préparer ?

\_LP : Nous avons appris, et avons encore beaucoup à apprendre, des
communautés racisées et autres communautés marginalisées en termes de
ressources et de capacités qu'elles apportent à la préparation, à la
réponse et à la récupération en cas de catastrophe. Il n'existe pas de
réponse unique à cette question, car les communautés racisées sont très
différentes les unes des autres. Mais les chercheur·e·s et les
praticien·ne·s dans le domaine des risques et des catastrophes ont lancé
de puissants appels à centrer les considérations de justice dans les
communautés menacées et affectées par les catastrophes[^4]. Par exemple,
nous avons une réelle opportunité d'apprendre davantage des communautés
­autochtones en ce qui concerne les pratiques de gestion de l'utilisation
des terres qui pourraient aider à atténuer les menaces croissantes
­d'incendies de forêt[^5]. Après l'ouragan Maria en 2017, les communautés
portori­caines se sont réunies pour établir des pôles de résilience afin
de veiller à ce que les résident·e·s les plus vulnérables aient accès à
l'eau, à la nourriture, aux abris, à l'électricité et aux fournitures
médicales[^6]. Après l'ouragan Katrina en 2005, qui a entraîné des décès
et des déplacements disproportionnés au sein de la communauté Noire, les
membres de notre collectif de recherche fémi­niste ont recueilli de
nombreuses histoires émouvantes de familles Noires travaillant ensemble
pour s'occuper des enfants et veiller à ce que leurs besoins
fondamentaux soient satisfaits[^7]. La liste est encore longue. Il est
essentiel d'écouter, d'apprendre, de financer et de faire progresser ces
efforts dans la mesure du possible, tout en modifiant les systèmes qui
exposent les communautés économi­quement et socialement marginalisées à
des risques disproportionnés.

\_AC : Que signifie pour vous « décoloniser le changement climatique » ?

\_LP : C'est une excellente question. Au niveau le plus élémentaire,
cela évoque l'image d'un travail en commun pour réparer quelque chose
qui est fondamentalement cassé dans nos systèmes et nos structures. Je
m'appuie souvent sur des définitions qui font référence au travail
visant à éradiquer les injustices systémiques (« la solution ») tout en
respectant les systèmes culturels ­auto­chtones et autres qui peuvent
offrir des cadres alternatifs pour faire face au changement climatique
anthropogénique. Cette revue va évidemment jouer un rôle important dans
l'avancement de la réponse à cette question.

\_AC : Comment pensez-vous que votre positionalité influence votre point
de vue ?

\_LP : La positionalité est un sujet que je prends très au sérieux. En
s'appuyant sur les travaux d'autres chercheur·e·s en sciences sociales
et praticien·ne·s, notre équipe au Natural Hazards Center a développé un
module de formation CONVERGE sur le thème de la positionnalité[^8], et
nous avons également un chapitre de livre sur la positionnalité sous
presse[^9]. Nous définissons la positionnalité comme un concept qui
englobe les multiples identités croisées d'une personne et la manière
dont les rôles sociaux, le pouvoir et les privilèges influencent les
perspectives et les expériences d'une personne dans le domaine de la
recherche.

Personnellement, j'ai un journal de positionnalité que je tiens et
auquel je me réfère dans le contexte des environnements de terrain où je
travaille. Cela m'aide à rester réflexive et responsable quant à la
manière dont mes propres identités peuvent affecter le travail que je
fais et les relations que j'essaie de cultiver. Je suis une femme
blanche, hétérosexuelle, originaire d'une communauté rurale du Kansas.
J'ai grandi dans une ferme avec mes deux parents et mes trois frères, je
suis allée à l'école pendant de nombreuses années et j'ai fini par
obtenir un doctorat. Aujourd'hui, je suis professeure titulaire dans une
université. Je suis mariée à un homme, nous avons un jeune enfant et
nous sommes propriétaires de notre maison. Tous ces facteurs, et bien
d'autres encore, définissent qui je suis, et comme je travaille souvent
au-delà des frontières de la différence -- en étudiant des personnes
d'autres régions géographiques ou de cultures, de races, d'âges, etc.
différents -- il est important pour moi de réfléchir de manière critique
à mes propres identités et à la façon dont elles façonnent mon pouvoir
et mes privilèges dans ce domaine.

En outre, je passe beaucoup de temps à discuter avec les personnes sur
le terrain où je travaille pour déterminer comment nous pouvons faire en
sorte que la recherche fasse la différence, que les données et les
résultats soient transmis aux membres de la communauté dans des formats
utilisables et que les participants soient soutenus de manière
appropriée. Par exemple, au fil des ans, j'ai engagé des jeunes comme
assistant·e·s de recherche[^10] afin qu'ils et elles puissent non
seulement partager leurs histoires, mais aussi apprendre le processus de
recherche, tout en acquérant des qualifications précieuses et un soutien
économique pour leur propre développement futur. J'ai également mené de
nombreuses actions axées sur le partage éthique et en temps voulu des
données et des instruments relatifs aux catastrophes, afin de garantir
que les membres de la communauté aient accès aux informations
essentielles[^11]. Dans le cadre de mon travail, j'essaie de me rappeler
que toutes les personnes, y compris moi-même, sont privilégiées et
désavantagées de manière spécifique et dynamique. J'essaie de prendre en
compte et de respecter cette complexité lorsque ­j'apprends des autres.
Je m'efforce également de ne jamais oublier qu'il ne faut pas avoir
honte de ses privilèges, mais qu'ils impliquent au contraire une grande
responsabilité, celle d'utiliser ces avantages pour faire progresser des
structures sociales plus justes et plus équitables.

\_AC : Le changement climatique provoque de plus en plus de réactions
anxiogènes, en particulier chez les jeunes et celles et ceux qui pensent
qu'il s'agit d'une cause perdue. Quel message aimeriez-vous partager
avec eux et elles ?

\_LP : Tout d'abord, je voudrais les écouter. Mes collègues et moi-même
avons beaucoup appris des enfants dont la vie a été bouleversée par des
catastrophes, à la fois sur les effets néfastes à long terme et sur la
façon dont les enfants ont un pouvoir ­d'action et peuvent faire la
différence pour atténuer les effets néfastes de ces événements[^12]. Il
est essentiel d'écouter les jeunes et de tenir compte de leurs craintes,
de leurs espoirs, de leurs rêves, de leurs préoccupations et de leurs
idées. S'il y a un message que je voudrais faire passer, c'est que je
suis moi aussi anxieuse. J'ai peur de ce que nous réserve l'avenir et de
ce que cela signifiera pour les générations actuelles et futures. Je
suis aussi complètement bouleversée lorsque je pense à toute la
biodiversité qui est en train de disparaître et à ce que cela signifiera
pour le sens de l'émerveillement des enfants et leur relation avec le
monde naturel.

Je sais aussi qu'il est possible de changer les choses si nous tous --
la majorité mondiale qui se préoccupe profondément du changement
climatique et ceux qui sont déjà si durement touchés -- travaillons
ensemble pour aller vers un avenir plus juste et plus équitable. Ce
problème est bien trop vaste pour être résolu par une seule personne ou
un seul groupe. C'est précisément la raison pour laquelle nous avons
plus que jamais besoin les un·e·s des autres. Nous avons également
besoin de structures de gouvernance solides, de la meilleure science et
de personnes qui exercent leur imagination morale en essayant
d'envisager de nouvelles façons de vivre sur cette planète qui se
réchauffe rapidement.

\_AC : Merci beaucoup pour votre temps précieux et votre contribution.

\_LP : Merci. Je suis très honorée d'avoir été invitée à partager mes
réflexions et de figurer dans ce numéro inaugural. J'ai le cœur plein de
gratitude pour chacun·e d'entre vous et pour le travail que vous
accomplissez.

[^1]: Lori Peek emploie le terme de « people of colour » que nous avons
    traduit par personnes « racisé·e·s ». Voir l'éditorial, « Plurivers:
    Revue d'écologies décoloniales » pour notre positionnement quant à
    l'usage du terme de « racisé·e·s ».

[^2]: Chester, Amy et Lawton, Johanna, *Atlas of Disaster*, un rapport
    de Rebuild by Design, automne 2022,
    <https://rebuildbydesign.org/wp-content/uploads/2023/04/ATLAS-OF-DISASTER-compressed.pdf>

[^3]: Voir Smith, Adam B., « U.S. billion-dollar weather and climate
    disasters in historical context », *Climate.gov*, 10 janvier 2023,
    <https://www.climate.gov/news-features/blogs/beyond-data/2022-us-billion-dollar-weather-and-climate-disasters-historical>

[^4]: Jerolleman, Alessandra, *Disaster Recovery Through the Lens of
    Justice*, London, Palgrave Macmillan, 2019.

[^5]: Schinko, T. et al., « A framework for considering justice aspects
    in integrated wildfire risk management », *Nature Climate Change*,
    Vol. 13, 2023, p. 788-95.

[^6]: Voir Mercy Corps, « "Resilience Hubs" in Puerto Rico are vital in
    the wake of Hurricane Fiona », 10 octobre 2022,
    <https://www.mercycorps.org/blog/resilience-hubs-puerto-rico-vital>

[^7]: Weber, Lynn et Peek, Lori, *Displaced: Life after Katrina*,
    Austin, University of Texas Press, 2012.

[^8]: Voir le module de formation disponible en ligne à l'Université du
    Colorado Boulder:
    <https://converge.colorado.edu/resources/training-modules/>

[^9]: Pour une liste à jour de mes publications voir
    <https://hazards.colorado.edu/resources/lori-peek-publications>

[^10]: Voir le programme de recherche en détail : Browne, Katherine et
    Peek, Lori, « Beyond the IRB : An Ethical Toolkit for Long-Term
    Disaster Research », *International Journal of Mass Emergencies &
    Disasters*, Vol. 32, N°. 1, 2014.

[^11]: Voir par exemple l'atelier organisé en 2023 avec le bureau du
    programme météorologique de la National Oceanic and Atmospheric
    Administration (NOAA) sur les données ouvertes, et l'atelier sur les
    données ouvertes et leur réutilisation dans la recherche
    météorologique en sciences sociales :
    <https://hazards.colorado.edu/research/weather-ready-research/open-data-workshop>

[^12]: Voir Fothergill, Alice et Peek, Lori, *Children of Katrina*,
    Austin, University of Texas Press, 2015.
